L’industrialisation, le transport, vos goûts

train

Vous êtes-vous déjà attardés à l’étroite relation entre le raffinement des goûts de notre société et le développement du transport? Plus précisément durant l’industrialisation? Et si je vous disais que le développement du système ferroviaire à la fin du 19e siècle a contribué d’une façon significative au raffinement du goût de la société?

Grâce aux liaisons ferroviaires régulières, les produits arrivaient frais sur le marché. Les goûts s’en trouvèrent modifiés. Pendants les années de prospérité que furent les années 1860, 1870 et 1890, on consacra davantage d’argent à l’alimentation. Tirer sa substance de la terre n’avait jamais été facile, c’était tout de même devenu un peu moins éreintant.

(150 Years of photo journalism volume 1)

La rapidité d’un système de transport est la caractéristique qui m’intéresse ici. Nous avons tous suscité de l’intérêt pour le transport et l’alimentation à un moment donné… Prenons la ‘Route des Indes’ comme un exemple flagrant. Par contre, personnellement je ne m’étais jamais attardé à la rapidité d’un système de transport face au développement du goût.

Le tout semble se jouer sur 2 vecteurs opposés. Plus le système est lent, plus le développement de méthodes de conservation est présent et plus nous voyons l’apparition de nouveaux procédés culinaires affectant le goût d’un aliment. Prenons le sushi comme exemple:

A l’époque Muromachi (1392-1573), on découvrit que le riz fermenté produit de l’acide lactique favorisant la conservation des aliments : le riz de sushi n’était qu’un moyen de conserver les morceaux de poisson: on alternait des couches de carpes et de riz dans des jarres fermées par un couvercle, puis on le laissait fermenter jusqu’à un an.

(Histoire du sushi)

De l’autre côté, et ce surtout débutant avec l’industrialisation et par conséquent le système ferroviaire nous voyons l’apparition de plus en plus de produits frais sur les marchés. La rapidité des systèmes de transport permettait dorénavant de développer un goût pour les produits frais. Depuis cette époque, les transports ont grandement affecté le développement des goûts et ça à l’échelle mondiale. Par exemple, grâce aux avions, nous pouvons maintenant déguster des fruits de mer provenant de l’autre côté du globe.

Donc des deux côtés du spectrum, on peut noter que le raffinement des goût augmente. Plus on s’éloigne du status quo, i.e. transport moyen, moins il y a d’influence sur le goût. Il est également à noter que la rapidité du transport continue à influencer le développement des goûts mais que maintenant depuis nombre d’années les méthodes de préservations n’ont pas évoluées en fonction du goût.

Nous pratiquons toujours les anciennes méthodes de conservation et ça souvent en raison du goût mais la conservation est présentement orchestrée de façon générale par des processus de laboratoires et des produits chimiques.

Il serait intéressant que la cuisine moléculaire et le populaire retour à la cuisine traditionnelle revisitent nos anciens principes de conservations et apportent un vent de fraîcheur au développement du goût dans ce secteur.

Pour ma part, l’industrialisation avait un aspect négatif, une image de champs délaissés, de fumée noire et de ruée vers la ville. Par contre, je la regarde maintenant d’un nouvel œil. L’industrialisation a probablement sauvé la gastronomie ainsi que la production rurale.

Qu’en pensez vous?

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About the Author

Entrepreneur spécialisé en gestion de projet, technologie et alimentation. Je travail présentement avec mon père comme directeur du développement de la Fringale. Un traiteur scolaire de la région de québec.